Avant, il y a quelques siècles, la vie suivait un autre cours.

Dès quinze ans, garçons et filles étaient en âge de rentrer dans la « vie active », de travailler, de prendre leur autonomie, de procréer.

Moyen ageCa se faisait avec fracas. Les relations entre parents et enfants étaient violentes, souvent physiquement. Alors, la génération montante quittait le nid, ou en prenait le contrôle, dès que le rapport de force le permettait.

Puis, après une vie de labeur obligé, l’organisme se mettait à décliner. Et on mourait jeune. 50 ans au moyen-âge, un peu plus tard à l’âge classique, mais pas beaucoup. Pour ceux qui étaient passés au travers des maladies, des guerres, des famines, des violences de toute sorte auxquelles il fallait faire face.

Puis progressivement, mais récemment, le temps de l’enfance s’est étalé. L’adolescence est apparue comme une période à part, une période en soi. On a naturellement repoussé l’âge au mariage, l’âge de la première procréation. En parallèle, la durée de vie s’est allongée. 70, puis 80, bientôt cent ans pour les plus résistants.

Aujourd’hui, on est toujours jeune à trente ans. On finit à peine ses apprentissages pour prendre pleinement son essor de vie et son indépendance. Dans mon activité, je croise parfois des gens de 35 ans qui, collectionnant les diplômes, n’ont pas encore commencé à travailler.

Cependant, une fatalité demeure : passé 40 ans, l’organisme devient plus poussif. Des douleurs apparaissent. Des organes faiblissent. Les yeux sont les premiers à montrer des signes d’impuissance. Les articulations deviennent douloureuses. La digestion semble plus lourde. Le souffle se raccourcit si on ne l’entretient pas régulièrement. Chez les femmes, c’est le début de la ménopause.

Au global, la période de pleine « production » épanouie se trouve considérablement raccourcie en comparaison du passé. Une grosse dizaine d’année, pas plus.

C’est souvent une surprise pour les quadras qui ont l’impression de commencer à peine à sortir la tête de l’eau (professionnellement, familialement, financièrement) de sentir que leur énergie diminue. Que leurs rêves ne seront peut-être pas accessibles comme ils l’avaient imaginé. Plus lentement, plus plan-plan.

On ne triomphe pas de la nature.

Il faut juste en être conscient pour agir en conséquence.

La conscience est un don.

 

Le cours de la vie

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