chimpanzé 3 Une expérience scientifique met en comparaison un tout petit enfant et un singe, séparément. Dans les deux cas, on leur fait manipuler un objet d’une manière telle que leur action prodigue une récompense, généralement une friandise. Chacun le fait plusieurs fois avec succès.

Puis, l’expérimentateur modifie le processus discrètement pour que la récompense ne soit plus délivrée. Singe et enfant s’acharnent tous deux à refaire les gestes qui devraient leur apporter ce qu’ils attendent. En vain.

Au bout de quelques tentatives infructueuses, le singe délaisse l’objet et change d’activité.

L’enfant refait également le geste en manifestant généralement son insatisfaction. Après plusieurs échecs, il s’arrête, saisit l’objet, le retourne sous tous ses angles et le regarde plein d’étonnement.

Voilà le rapport de l’homme au pourquoi.

Voilà ce caractère qui permet à l’homme de chercher à comprendre son environnement. Et qui a fait de cet ancien primate ce qu’il est devenu.

Derrière ce pourquoi, il y a une croyance partiellement vraie : en comprenant la cause, on peut agir sur les phénomènes.

Partiellement vrai parce que ce n’est pas l’unique mode de fonctionnement. Parce que notre société ne réagit souvent pas de cette manière.

Si une maladie vous cause des troubles, vous pouvez soit chercher à éradiquer la cause de la maladie, soit traiter les symptômes. Dans un cas, vous chercherez à recouvrer la santé, dans l’autre à vivre sans être gêné par la maladie.

De même, le garagiste ou le réparateur ne s’embêtent pas à comprendre le pourquoi de la panne, ils changent la pièce défectueuse.

Dans les entreprises, on sait depuis les théories d’Herbert Simon que les décisions se prennent généralement non suite à un processus de réflexion rationnelle, mais par répétition de comportements antérieurs éprouvés, même s’ils ne sont pas totalement adaptés à la situation du moment.

L’enfant lui-même, une fois devenu grand, continue souvent à agir selon un mode d’imitation et de répétition de ses modèles parentaux. Il oublie son rapport au pourquoi.enfant

Il y a dans notre société, et dans notre nature même, une opposition entre le savoir et l’action. Entre la compréhension et l’efficacité.

Qu’on choisisse l’un ou l’autre, l’important est de rester conscient du pourquoi de ses choix.

 

Le rapport de l’homme au pourquoi

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