L’âne de Buridan hésite à prendre une décision cruciale.

Perplexe, son inaction correspond en fait à un choix, celui de laisser la décision à d’autres que lui. Du coup, il est difficile pour lui de piloter sa vie indépendamment des événements extérieurs.

Pour reprendre sa vie en main, un travail d’introspection s’avère nécessaire : quel est le frein qui limite cette capacité de décision libre et avisée ? Une peur, une difficulté de concentration, une imagination trop fertile, un cocktail de plusieurs causes …

La progression commence souvent par une prise de conscience. La formalisation des moteurs est un outil classique et efficace du coach, un premier pas vers l’amélioration.

La seconde étape passe par une acceptation : celle de son imperfection, comme tout être humain, et donc l’acceptation qu’un âne de Buridan est un être « aimable », comme tout autre, que son défaut ne fait pas de lui un monstre. Car n’étant pas parfait, il est perfectible et c’est justement là un des caractères passionnants de l’être humain : la possibilité de progresser, de s’améliorer, de se dépasser, et naturellement, la fierté qui en découle.

Pour cela, une étude objective des qualités et des défauts de la personne permettra de remettre en perspective par rapport aux autres. Dans cette phase, le coach ne doit pas s’économiser sur les anecdotes, les récits, les comparaisons qui montrent que cette personne n’a aucune raison de se dévaloriser, qu’elle n’est ni inférieure, ni supérieure aux autres.

Enfin vient le passage aux solutions concrètes et pragmatiques : c’est la phase de libération. Ayant compris et accepté son caractère, l’âne de Buridan est prêt à évoluer, à déposer à terre les contraintes qui l’empêchent de se concentrer sur ses projets ou de décider avec assurance. Ceci selon le magnifique principe de Carl Rogers qui dit qu’il faut d’abord s’accepter tel qu’on est pour pouvoir amorcer un changement.

C’est l’âne lui-même qui imagine ses propres solutions, face au miroir réfléchissant du coach : diversifier ses activités dans la journée, identifier des rituels motivants, trouver des liens entre ses différentes options, construire des portes de sortie à chaque opportunité de décision, etc.

L’essentiel n’est pas le but mais le chemin. Chaque indécision, chaque faux-départ, chaque abandon de l’âne constitue un enrichissement qu’il lui convient de cultiver et non de renier. Son travail le plus difficile consistera en l’identification du fil directeur de tous ces errements, de la passion qui les relie vers un objectif unique et essentiel.

Lorsque l’âne l’atteint, le ciel s’éclaircit car il sait le but. Tous les ingrédients sont présents pour en faire, non plus un âne, mais une âme de Buridan.

A tous les ânes de Buridan

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