P MultonHier, papa est mort.

Non, ce n’est pas du Camus, c’est du vécu.

Et puis, ce n’était pas hier, c’était il y a sept ans. Jour pour jour. Mais qu’importe, à l’échelle de l’univers, c’était hier. A l’échelle du vide qu’il a laissé, c’était hier.

Pendant des mois, il m’a hanté. Accompagné, plutôt. J’ai senti sa présence autour de moi chaque jour. J’ai vu des ombres s’éclipser quand je tournais la tête. Et je n’ai pas su quoi en faire.

Beaucoup de changements se sont produits depuis. Des troubles, des joies, des disputes, un changement radical de vie, des rencontres, beaucoup de rencontres. Sans que j’aie l’impression de maîtriser quoi que ce soit.

Puis un jour, une réponse m’a été donnée.

C’était sur les ondes de France Culture. Une émission de Marie Richeux. J’adore Marie. Sa voix, son timbre, son ton, ses phrases, ses thèmes.

Une personne a lu un conte pour enfants. Il était question d’un décès et d’un être qui restait seul, persuadé que le disparu lui avait laissé une lettre cachée quelque part. Après avoir cherché partout, il fallait se résoudre à l’évidence. Il n’y avait pas de lettre. Alors, le survivant décida d’écrire lui-même cette lettre, comme un testament rien que pour lui.

Et ce que disait cette lettre m’a bouleversé.

Au cas où je devrais mourir, je t’ai laissé des petits cadeaux un peu partout pour que tu saches que je ne t’oublie pas. Il y a une fraise bien mure au fond du jardin, elle est pour toi. C’est mon cadeau du jour…

Depuis, mon regard sur la vie a changé. Chaque jour qui passe m’apporte des joies, des rires, des découvertes, des surprises. Ils ne sont plus le fruit du hasard. Ce sont des cadeaux. Des cadeaux du ciel. Des cadeaux de la vie. Des cadeaux de quelqu’un qui m’aime.

Et ils m’aident à supporter bien des peines.

 

Hier papa est mort

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