Mon fils de 11 ans rentrait juste de Californie. Neuf heures de décalage horaire.

Dans le train qui nous ramenait à la maison, il s’est allongé sur la banquette et s’est endormi d’un trait.

A Lyon, une femme est montée avec deux enfants. Elle avait réservé trois places assises, j’en avais deux.

–  Vous allez à Nice, également ?   –   Non, à Aix…

rails tordusLa question était sur un ton courtois. Je n’ai pas compris ce qu’elle sous-entendait.

Pour ne pas réveiller mon fils, j’ai cédé ma place à la dame et me suis éclipsé. Respectueusement. Du moins je le croyais.

J’avais deux places, mon fils en occupait deux, tout me semblait en règle. En réalité, nous occupions un de ses sièges, le mien était de l’autre côté du couloir. A 50 cm de là…

Je n’ai pas vu que la femme prenait un de ses enfants sur les genoux. Je n’ai pas senti la colère qui montait en elle. Je n’ai pas compris qu’elle se sentait spoliée de son droit d’occuper une place pour laquelle elle avait payé.

Quand mon fils s’est réveillé, j’ai voulu revenir près de lui. Elle m’a singulièrement opposé un refus. J’ai demandé à ce qu’on vérifie les numéros de siège. Elle m’a insulté.

– Vous êtes bien compliqué. J’ai trois places, ça commence à me « gaver »…

Chute des nues.

J’ai constaté l’erreur, me suis remis à ma place. Ce n’est qu’alors que j’ai compris…Elle s’était sentie injustement dépouillée de son droit. Je m’étais trouvé étonnamment insulté alors même que je pensais avoir fait preuve d’infiniment de respect.

Nous avons passé la fin du voyage à faire en sorte que nos regards ne se croisent pas. Ce n’est pas facile de mettre fin à un conflit.

Stress intérieur.

C’est étonnant comment deux êtres peuvent se déclarer la guerre sur une simple erreur de communication, une incompréhension dans les messages transmis, un manque de clarté dans les demandes.

Peut-être qu’avec un peu d’indulgence…

 

Stress d’incompréhension

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