Quel que soit ce que vous voulez

Tout n’est pas possible.

Ceux qui prétendent le contraire sont des menteurs.

Néanmoins, vous n’imaginez pas combien vous pouvez plus que ce que vous faites. Combien vous valez plus que ce que vous réussissez. Combien une belle partie de vos désirs pourrait être comblée.

Une solution : un double.

Un double qui soit vous-même tout en vous voyant de l’extérieur.

Les Grecs anciens appelaient ça un daémon, si j’en crois Hannah Arendt. Un être personnel, qui vous accompagne partout, que tous les autres voient, mais que vous ne voyez pas…

Imaginez un tel être à vos côtés, à la fois extérieur à vous, mais qui vous rapporterait honnêtement son analyse et son ressenti vis-à-vis de vos actions. Qui pourrait vous exprimer comment vous êtes perçus par les autres. Qui pourrait mettre le doigt sur les questions à se poser en toute situation. Qui vous aiderait à dégager vos priorités et vos objectifs. Qui vous guiderait dans la correction de certains comportements.

Un coach, en somme.

J’ai revu hier soir un homme que j’avais croisé il y a des années. Un homme seul. Un homme que tout le monde rejette. Il s’exprime mal. Il se tient mal. Il ne fait pas envie. Ca, c’est mon avis. Je pense que personne ne lui a jamais posé les questions essentielles liées à son relationnel.

Un coach, vous m’entendez.

Je repense à une femme dont les histoires d’amour se finissent toujours vite. Trop vite. Elle souffre. Elle ne comprend pas. Son comportement est peut-être une cause des ruptures qu’elle subit. Rester seule ne l’aide pas à résoudre ses conflits.

Un coach, je vous dis.

Choisissez-le bien ! Vous n’imaginez pas ce qu’il peut vous apporter.

 

On n’a que deux vies…

On a plus d’énergie quand on est jeune. Plus d’envie, de courage, d’inconscience, de folie, même.

Des banalités, non ?

Et pourtant, l’époque est remplie de paradoxes.

J’anime régulièrement des ateliers pour des créateurs d’entreprises. L’entreprise étant un gros mot en France, on appelle ça pudiquement des porteurs de projets.

Dans ces ateliers, les jeunes semblent timorés, discrets, hésitants.

Ceux qui en veulent, ce sont les quadras et les quinquas. Ils sont prêts à prendre des risques, ils veulent en découdre, ils désirent par-dessus tout changer le cours de leur vie, quel que soit le prix à payer.

Ils se payent même le luxe de rêver. Parfois au-delà du raisonnable.

C’est mon rôle de les aider à distinguer le possible du fantasmé. A trouver le positionnement juste. A placer leur énergie au bon endroit pour la rendre efficace et productive.

Je sens chez eux une indicible fougue qui anime leurs projets.

En vérité, ces hommes et ces femmes ont juste pris conscience que la vie est courte. Qu’elle file entre les doigts. Que la retraite est de plus en plus loin et qu’ils n’auront un jour plus la force de réaliser leurs rêves.

Confucius disait (paraît-il) : l’homme n’a que deux vies et la deuxième commence quand il réalise qu’il n’en a qu’une.

Par ce billet, je souhaite rendre hommage au courage de ces hommes et de ces femmes qui prennent leurs rêves en main.

Quels que soient les coups à prendre, ce serait dommage de ne pas essayer.

 

Confucius

Le rapport de l’homme au pourquoi

chimpanzé 3 Une expérience scientifique met en comparaison un tout petit enfant et un singe, séparément. Dans les deux cas, on leur fait manipuler un objet d’une manière telle que leur action prodigue une récompense, généralement une friandise. Chacun le fait plusieurs fois avec succès.

Puis, l’expérimentateur modifie le processus discrètement pour que la récompense ne soit plus délivrée. Singe et enfant s’acharnent tous deux à refaire les gestes qui devraient leur apporter ce qu’ils attendent. En vain.

Au bout de quelques tentatives infructueuses, le singe délaisse l’objet et change d’activité.

L’enfant refait également le geste en manifestant généralement son insatisfaction. Après plusieurs échecs, il s’arrête, saisit l’objet, le retourne sous tous ses angles et le regarde plein d’étonnement.

Voilà le rapport de l’homme au pourquoi.

Voilà ce caractère qui permet à l’homme de chercher à comprendre son environnement. Et qui a fait de cet ancien primate ce qu’il est devenu.

Derrière ce pourquoi, il y a une croyance partiellement vraie : en comprenant la cause, on peut agir sur les phénomènes.

Partiellement vrai parce que ce n’est pas l’unique mode de fonctionnement. Parce que notre société ne réagit souvent pas de cette manière.

Si une maladie vous cause des troubles, vous pouvez soit chercher à éradiquer la cause de la maladie, soit traiter les symptômes. Dans un cas, vous chercherez à recouvrer la santé, dans l’autre à vivre sans être gêné par la maladie.

De même, le garagiste ou le réparateur ne s’embêtent pas à comprendre le pourquoi de la panne, ils changent la pièce défectueuse.

Dans les entreprises, on sait depuis les théories d’Herbert Simon que les décisions se prennent généralement non suite à un processus de réflexion rationnelle, mais par répétition de comportements antérieurs éprouvés, même s’ils ne sont pas totalement adaptés à la situation du moment.

L’enfant lui-même, une fois devenu grand, continue souvent à agir selon un mode d’imitation et de répétition de ses modèles parentaux. Il oublie son rapport au pourquoi.enfant

Il y a dans notre société, et dans notre nature même, une opposition entre le savoir et l’action. Entre la compréhension et l’efficacité.

Qu’on choisisse l’un ou l’autre, l’important est de rester conscient du pourquoi de ses choix.

 

Pourquoi je suis passé de cadre dirigeant à coach…

Un coach, vous savez ce que c’est ? Ces gens qui vous font dire ce que vous savez déjà mais que vous n’arrivez pas à exprimer.

Le mot est vilain. Galvaudé de surcroît. Il y a des coachs pour tout aujourd’hui, la remise en forme physique, l’apparence, le bien-être, la réussite professionnelle, …

Une nouvelle forme de vent, en quelque sorte.

En vérité, oui !

Si l’on regarde le vent comme la dynamique qui porte les graines, le pollen des fleurs ou des arbres, qui leur permet d’aller se planter dans la bonne terre pour éclore, s’épanouir et donner du fruit à nouveau, alors oui, le coach fait du vent. Il est du vent. Une douce brise régénératrice.

Ce monde fonctionne depuis des milliers d’années avec des dirigeants. Des chefs. Des gens qui soutiennent leurs idées, qui donnent des ordres, qui se battent pour gagner et triompher. Des Manuel Valls, un peu, dans l’image (sans jugement politique de ma part). Des gens qui respectent bien peu les idées ou les volontés des autres.

Il y a peu encore, j’y adhérais à cent pour cent.

Mais ce monde change. Avec la mécanisation héritée du XIXème siècle, avec la démocratisation du XXème, avec les nouvelles technologies en réseau (maintenant), chacun peut prendre sa propre vie en main, peut décider pour lui-même, créer les connections humaines, en fonction de ce qu’il souhaite réellement.

Et c’est tant mieux.

Mais pour cela, il faut une éducation préalable pour acquérir l’autonomie au cours des jeunes années, et des coachs pour le restant de la vie. Des gens qui vous aident à y voir clair quand tout est embrouillé. Qui vous amènent à poser vos décisions selon ce que vous souhaitez. Qui vous renvoient votre propre image au moment où vous en avez besoin. Qui vous permettent de trouver les clés pour accéder à vos désirs d’accomplissement.

On peut rêver que ce monde continue à évoluer. Que les dirigeants s’effacent progressivement au profit des êtres humains. Que les relations de pouvoir déclinent devant des relations d’aide. Que des structures basées sur la confiance remplacent à terme celles reposant sur le droit.

Ceci peut sembler utopique.

Mais pas irréaliste, au vu de l’évolution de la société.

C’est à nous de le vouloir et de le construire…

 

 

Vivre avec son temps

J’étais tranquillement installé au piano de la gare d’Avignon, jouant quelques morceaux populaires en attendant mon train.

Ce passe-temps satisfait mon ego tout autant que mon oreille et mes doigts. J’aime bien l’idée que des gens puissent me regarder dans cette pose. J’apprécie l’idée qu’ils puissent prendre du plaisir à m’écouter.

Tout en jouant, j’ai remarqué un homme qui se faufilait pour me photographier. Un touriste, peut-être, j’ai cru l’entendre parler Anglais.

La peur s’est emparée de moi. Etre au centre de l’attention est un exercice difficile, surtout dans une activité pour laquelle je ne me sens pas totalement à l’aise. Je lui ai immédiatement fait un signe de refus. Il s’est retiré gentiment.

Après coup, je m’en suis voulu.

A une époque où l’image de soi a envahi tous les écrans, tous les esprits même, j’ai refusé cette possibilité d’être mis en valeur.

En outre, il avait l’air heureux de vouloir me prendre en photo et je lui ai refusé. J’aurais pu lui demander de m’envoyer la photo. Ca aurait créé un lien, offert l’opportunité d’une nouvelle rencontre, peut-être quelqu’un de passionnant.

Puis, j’aurais pu mettre cette photo sur un réseau social, comme font tous les modernes d’aujourd’hui, un tweet avec un commentaire laconique, et j’aurais reçu des « likes » de tous mes amis bienveillants…

En fait, ce refus n’était pas rationnel. C’était bien au-delà de la peur, c’était une panique, un réflexe de panique. La possibilité que ce moment d’orgueil volé (moi sur le devant de la scène) puisse être immortalisé, que des preuves concrètes alimentent les témoignages des passants, déjà difficiles à soutenir, c’était trop pour moi.

Un vieux reste d’éducation discrète, sans doute. Une remémoration enfouie d’un « Les premiers seront les derniers ».

Un bon coaching pourrait corriger ça. Pour ne pas réagir de la même manière si l’occasion se représente.

Mais est-ce que ce genre de situation se présente une deuxième fois ?

 

Le verre est-il une matière étanche ?

François me présente sa situation. Pendant 3 ans, sans ménager ses efforts, il a œuvré au rétablissement des comptes de l’entreprise qui venait de l’embaucher. Plan de performance, réduction des coûts, redéfinition des process, tout est passé par lui. Avec succès. L’entreprise a évité le plan de licenciement qui était prévu. Et peut-être bien pire…

Au moment de l’embauche, on lui avait tacitement promis une entrée au comité de direction s’il réussissait. Trois ans plus tard, ses appels restent lettre morte. Mutisme de la direction. Il comprend bien à demi-mots que la réponse est négative. Il songe à changer d’entreprise. Mais ça signifie qu’il devra à nouveau faire ses preuves…

C’est un exemple désormais trop classique du choc contre le fameux plafond de verre.

De verre parce que transparent. Quand on est en-dessous, on ne le devine pas. Telle une mouche, on vient s’écraser contre lui alors qu’on croit deviner un accès libre vers l’étage supérieur. D’en haut, en revanche, on le sent parfaitement. On s’appuie dessus.

En réalité, ce plafond n’est pas si étanche que ça. J’en ai connu des gens, pas toujours compétents de surcroît, qui le franchissaient sans difficultés. Il suffit d’avoir les bons atomes, les bonnes affinités, les bonnes paroles, pour être comme aspiré vers le haut. Ou expulsé vers le bas, ça arrive également, même si c’est plus rare…

La première erreur consiste à penser que la compétence suffit pour le franchir. Elle est un atout, certes ; mais elle ne constitue même pas une condition nécessaire. C’est un travers fréquent, surtout chez les ingénieurs, de croire que le mérite sera inévitablement récompensé. Le constat inverse, souvent par l’expérience, engendre déceptions, désillusions, frustrations.

Cependant, la réalité est ainsi. Le passage du plafond se fait davantage sur des critères humains. Ne peut le traverser que celui qui a acquis la confiance totale de ceux qui s’appuient dessus. Cela signifie d’abord qu’il faut paraître inoffensif à leur égard. Qu’il n’y a aucun risque de déstabilisation du pouvoir en place, des équilibres établis, des fonctionnements acceptés de tous.

Pour se risquer à une analogie historique, un Bonaparte n’a aucune chance de le franchir. Sur un mode traditionnel, le pouvoir installé lui préférera toujours un Barras, incompétent, corrompu, mais garant de la continuité. Un Bonaparte n’a d’autre choix que de faire un coup d’état.

L’idéal est d’avoir des alliés solides, qui vous croient utiles et sans danger. C’est le sens politique qu’on attend d’un futur membre du comité de direction. Votre communication doit être adaptée à ce désir d’évolution. Ce qui ne signifie pas que vous devez être faux. Simplement prudent et attentif aux autres.

Quand j’accompagne des cadres supérieurs lors de prises de fonctions, je les invite dès le début à réfléchir à leur image vis-à-vis de la Direction Générale. Quels sont leurs objectifs d’évolution ? Que souhaitent-ils communiquer d’eux-mêmes ? Comment comptent-ils s’y prendre ?

Soyons clairs, l’objectif de tels accompagnements n’est pas d’apprendre à mentir. Simplement à aider les gens compétents à posséder les codes qui leur donneront plus de capacités d’action. Et c’est également pour le bien de l’entreprise.

 

 

Fichés ?

Ca devient une banalité de dire que nous sommes espionnés par internet, que la NSA nous traque, qu’il n’y a plus un aspect de notre vie privée qui échappe au regard de la toile, mais tout de même !… Il m’arrive d’en être encore surpris (et choqué).

Pour sa « journée des amis », Facebook a proposé à ceux qui le souhaitent de concocter un album photo. Une amie l’a demandé.

Il s’agit d’une présentation de photos d’une trentaine de secondes, avec quelques annotations sympathiques : Vous y étiez, vous avez des amis qui vous aiment, etc.

Cette succession de photos montre la personne en société, dans des lieux qu’elle a effectivement fréquentés, avec des personnes qui l’accompagnaient. A plusieurs reprises, une personne photographiée est nommément identifiée. Les lieux sont repérables. Il ne manque que les dates.

La machine l’a compilé automatiquement. Elle a été capable de retracer un parcours de la personne, émaillé de rencontres, d’événements, de poses. On peut s’interroger sur l’ampleur de ce qu’elle pourrait dévoiler de nous si on lui demandait une introspection un peu plus profonde.

De ce que témoigne la toile, la plupart des données ont été fournies par la personne elle-même. Innocemment. Il n’y a pas de raisons de prêter de mauvaises intentions à la machine. Quoique !…

Mais il est évident que bien des informations pourraient provenir d’autres sources. Sans accord de la personne.

Sommes-nous devenus des personnages publics ? Volontairement ? Ou malgré nous ?6 février 34

Bien sûr, nous n’avons rien à nous reprocher. Rien à cacher. Rien fait de mal. La question serait plutôt de savoir si nous pouvons faire confiance à tous ceux qui peuvent utiliser ces informations. Ces « données ». Institutionnels ou individus.

Ce billet, je l’écris depuis mon lit, le 6 février 2016. Comme ça, tout le monde peut le savoir.

Ca me fait soudain penser que le 6 février fut une date qui faillit nous faire basculer dans la dictature…

 

Se respecter soi-même

Se respecter soi-même en ne suivant pas aveuglément la volonté des autres.

Se respecter soi-même en ne s’abaissant pas volontairement.

Se respecter soi-même en ne violentant pas inutilement son corps.

Se respecter soi-même en ne dégradant pas l’image de ceux qu’on aime.

Se respecter soi-même en ne cherchant pas à paraître ce qu’on n’est pas.

Se respecter soi-même en ne résistant pas à toutes ses frustrations.

Se respecter soi-même en comprenant ce qu’est le respect.

Se respecter soi-même en acceptant certaines de ses faiblesses.

Se respecter soi-même en découvrant ce qui anime le fond de notre être.

Se respecter soi-même en magnifiant ce qui compose notre environnement.

Se respecter soi-même en nourrissant sa chair des mets qui lui font du bien.

Se respecter soi-même en mesurant la valeur de ce qu’on est.

Se respecter soi-même en poursuivant la quête qui est la sienne.

 

Le cours de la vie

Avant, il y a quelques siècles, la vie suivait un autre cours.

Dès quinze ans, garçons et filles étaient en âge de rentrer dans la « vie active », de travailler, de prendre leur autonomie, de procréer.

Moyen ageCa se faisait avec fracas. Les relations entre parents et enfants étaient violentes, souvent physiquement. Alors, la génération montante quittait le nid, ou en prenait le contrôle, dès que le rapport de force le permettait.

Puis, après une vie de labeur obligé, l’organisme se mettait à décliner. Et on mourait jeune. 50 ans au moyen-âge, un peu plus tard à l’âge classique, mais pas beaucoup. Pour ceux qui étaient passés au travers des maladies, des guerres, des famines, des violences de toute sorte auxquelles il fallait faire face.

Puis progressivement, mais récemment, le temps de l’enfance s’est étalé. L’adolescence est apparue comme une période à part, une période en soi. On a naturellement repoussé l’âge au mariage, l’âge de la première procréation. En parallèle, la durée de vie s’est allongée. 70, puis 80, bientôt cent ans pour les plus résistants.

Aujourd’hui, on est toujours jeune à trente ans. On finit à peine ses apprentissages pour prendre pleinement son essor de vie et son indépendance. Dans mon activité, je croise parfois des gens de 35 ans qui, collectionnant les diplômes, n’ont pas encore commencé à travailler.

Cependant, une fatalité demeure : passé 40 ans, l’organisme devient plus poussif. Des douleurs apparaissent. Des organes faiblissent. Les yeux sont les premiers à montrer des signes d’impuissance. Les articulations deviennent douloureuses. La digestion semble plus lourde. Le souffle se raccourcit si on ne l’entretient pas régulièrement. Chez les femmes, c’est le début de la ménopause.

Au global, la période de pleine « production » épanouie se trouve considérablement raccourcie en comparaison du passé. Une grosse dizaine d’année, pas plus.

C’est souvent une surprise pour les quadras qui ont l’impression de commencer à peine à sortir la tête de l’eau (professionnellement, familialement, financièrement) de sentir que leur énergie diminue. Que leurs rêves ne seront peut-être pas accessibles comme ils l’avaient imaginé. Plus lentement, plus plan-plan.

On ne triomphe pas de la nature.

Il faut juste en être conscient pour agir en conséquence.

La conscience est un don.

 

Le savoir

On dénigre beaucoup à notre époque les gens de savoir, au profit des gens d’intelligence.

Le mythe moderne laisse entendre que le véritable génie comprend tout de soi, comme gratifié d’un don de naissance, sans besoin de faire appel au pesant labeur, à ce fameux travail que La Fontaine décrivait comme un trésor dans sa fable du Laboureur et ses Enfants.

Les vrais génies, reconnus, de tout domaine et de toute époque, Newton, Einstein, Chopin, Wiener, Rousseau, et tant d’autres, riraient allègrement d’une telle allégation. Inutile de rappeler le fameux rapport entre inspiration et transpiration selon Thomas Edison, la dernière étant de loin prépondérante pour toute réflexion créatrice.

Il convient de rappeler l’importance du savoir, comme guide de référence à toute action humaine.Einstein

C’est bien le savoir, qu’il provienne de l’éducation ou de l’expérience, qui permet à tout être humain de juger, par comparaison, du bien-fondé de ses actions en regard des objectifs qu’il poursuit. Souvent de manière spontanée et invisible, mais tout de même…

« Tout ce qui est incomparable est inconnaissable » disait Buffon. Le grand Buffon.

Pour comprendre, pour juger, pour modéliser, l’être humain a besoin de références. A la naissance, rien n’est clair, rien n’est juste, rien ne va de soi. Que des intuitions et effectivement, une capacité de raisonnement (intelligence) plus ou moins développée, qui permettra d’user à bon ou mauvais escient de son savoir.

La société me semble reculer sur le front de la transmission du savoir. L’économie de la connaissance, celle qui a émergé avec l’explosion des outils de partage sur le net, n’est-ce pas plutôt une économie de la communication, de l’échange ? Ces merveilleux outils que sont Facebook, Twitter, même les emails, transportent bien peu de savoir et beaucoup de verbiage, beaucoup de « balabala ».

N’est-ce pas logique alors, qu’on retrouve la vieille pensée, un peu aigrie, de Schopenhauer, qui se plaignait que la parole fût donnée à des ignorants, à des gens qui parlent sans « savoir » ? Malheureusement, les médias nous resservent toujours les mêmes personnes, qui parlent avec aisance et sûreté de tout et de rien, dans des décors brillants et animés.

Les gens de savoir, pour la plupart, ne sont pas sur ces plateaux. Ils sont, comme Montaigne, au fond de leur tour, en train de labourer le champ de leurs pensées pour y semer les graines de la connaissance humaine. Peu attirant en comparaison, il est vrai.

Au 21ème siècle, encore, les trésors ne sont pas accessibles à ciel ouvert.